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  • : En cheminant vers mon poids set-point
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  • : Blog créé pour garder une trace des évolutions de mon poids (de préférence vers l'allègement), ce blog est devenu une sorte de journal de forme, point de départ de communication avec d'autres blogs s'intéressant aux mêmes choses.
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10 octobre 2009 6 10 /10 /octobre /2009 11:01
La mère nourricière !

Je rebondis sur le commentaire d'Astrid, qui me met indirectement en garde contre la tendance à chercher d'autres responsables de notre obésité que nous-mêmes ; je pense qu'elle a raison. Personne ne m'a forcée à reprendre des plats, à manger en cachette (ce qui prouve qu'ouvertement, je savais qu'on ne m'aurait pas laissé faire), et ce médecin avec son humour à la noix croyait être compris à demi-mot, pas du tout ouvrir une grosse brèche dans ma perception de moi-même et mon narcissisme.

Je continue quand même à croire que la fonction d'un parent, d'un professeur ou d'un thérapeute est de nous guider, enseigner, soigner, et tout cela à la fois dans le cas d'un parent
, en s'exposant parfois à nous déplaire. Son langage doit être clair, adapté, sans double-sens ni implicite... ce sont des interférences inconscientes qui peuvent aboutir au contraire de son objectif.
Nous avons le droit de dire ce qui nous a manqué, sans que cela soit pris pour un procès : ça n'est qu'un constat, puisque l'on n'en aura jamais réparation que par nous-mêmes, si c'est encore possible, et nous ne sommes pas nous-mêmes des parents parfaits.

A 34 ans, alors que je pesais 71 kg, j'ai connu un obèse, avec lequel j'ai eu une liaison d'un an, après quoi, j'ai pris 31 kg. Parfois je me demande avec un sourire si je n'ai pas tenté de me faire sa silhouette comme moyen de le garder près de moi au-delà de la rupture...
Il m'a expliqué comment il en était arrivé là.
Il vivait pratiquement seul avec sa mère depuis toujours. La maman, par libéralité de caractère, n'avait jamais posé aucune restriction alimentaire. Il y avait un poulet sur la table, prévu pour deux repas de deux personnes et le garçon voulait le manger pour lui tout seul à midi ? "Pas de problème, mange, mon petit, je vais me décongeler quelque chose." Au restaurant, il lui fallait deux entrées, deux plats de résistance, deux desserts ? "Tu es sportif et bien bâti, mon chéri, mange."
Adulte, tout en reconnaissant, comme nous tous, n'avoir jamais eu d'entonnoir à gaver dans la bouche, il estime que sa mère (mince, qui plus est) a failli à la vigilance de son devoir d'éducatrice à l'époque où il avait besoin de repères (connaître les portions qui convenaient à un enfant, puis à un ado, même souplement, puisqu'on n'a pas toujours faim de la même façon) et il lui en veut pour ça. Pour cela, seulement, il la tient quitte du reste.

Je me rends compte, depuis que je suis mère moi-même, que ce que ma propre mère a toléré était intolérable !
Le goûter de mon fils (repas
psychologiquement critique, qui mêle la décompression des tensions de l'école et de la vie sociale avec les retrouvailles familiales et le besoin de manger, et qui peut devenir une école de grignotage) est encadré, avec la suggestion d'un fruit ou d'une boisson chaude quand les portions prévues (une tablette de chocolat entière et du pain ou qq. biscuits : vous n'allez pas me traiter d'affameuse !?) ne lui suffisent plus.
En dehors de cela, il ne mange guère entre les repas. Il s'y risquait quand il était petit, je l'ai grondé, puni. Je ne dis pas que c'est comme ça que tout le monde doit faire, je dis que c'est tout ce que j'ai trouvé pour que mon fils, qui a deux parents avec des problèmes de poids, apprenne qu'il existe des limites avant d'être seul juge des siennes.

Ma mère se contentait de me faire des réflexions, sans poser d'interdit ferme, sans punir concrètement. Moi, devant les placards vidés, j'aurais martelé : "Tous les bichocos de la semaine ont disparu, il n'y aura pas de nouvel achat avant la date prévue, tu te passeras de biscuits d'ici-là."

Ce n'est pas être une marâtre que de rappeler :
* que la nourriture n'est pas à volonté,
* qu'un repas a une fin,
* que nos organes digestifs ont été créés pour traiter quotidiennement une certaine quantité de nourriture et pas au-delà !

Je crois que c'est faire là acte d'éducation !

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Published by Cicciotella - dans journal intime
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commentaires

Astrid 12/10/2009 15:03


Oups, désolée pour le roman ci-dessus !


Cicciotella 12/10/2009 15:04


C'est un plaisir !


Astrid 12/10/2009 15:01



Ouh là là, je ne pensais vraiment pas que mon petit commentaire allait pouvoir faire débat. Je m'étais permise de te le laisser à titre de témoignage personnel : loin de moi l'idée de vouloir en
faire une généralité... Je pense que nous avons chacune un parcours vers l'embonpoint différent. Et pour ma part, si le premier réflexe a été d'en vouloir à mes parents de ne pas m'avoir alerté
suffisamment tôt de mes kilos accumulés, après avoir rationalisé, je n'ai pu que constater qu'ils n'étaient en rien dans mon problème de surpoids. Tout le temps que j'ai d'ailleurs passé à la
maison - chez eux -, je n'ai jamais été grosse (on me trouvait même trop "maigre" étant petite !!!). C'est lorsque je suis devenue étudiante que les choses ont commencé à se gâter... pour de vrai
! Car avant, je  me trouvais bien sûr trop grosse, mais bien sûr, je ne l'étais pas.
Quoi qu'il en soit, c'est lorsque j'ai affronté MA réalité, à savoir que moi seule j'étais responsable de mon tour de taille, que j'ai commencé à perdre du poids. Certes, doucement (je n'arrive
pas vaincre mes vieux démons d'épicurienne outrancière aussi facilement que je le souhaiterais), mais sûrement ! Simplement, ma réalité n'est forcément pas celle de toutes les
rondes. Et vraiment, je m'excuse si tu as pu interprété mon commentaire comme une critique ou une leçon, car vraiment, celà n'était pas le cas.
Et pour finir, étant moi aussi maman, je t'avoue bien volontiers que je suis moi-même assez vigilante à l'égard de l'alimentation de mes fils : je ne veux pas qu'ils connaissent un
jour les problèmes de poids et d'estime de soi qui en découlent que moi... J'essaye toutefois de faire attention à ne pas être non plus trop restrictive ni obnubilée ni de trop les focaliser là
dessus car combien de fois ai-je lu aussi de récits de ronds actuels qui avaient été tant brimés dans leurs enfance et adolescence... Dur dur de trouver le juste milieu parfois...



Cicciotella 12/10/2009 15:09



Je ne l'ai pas du tout mal pris : et que je consacre à ton commentaire un billet, c'est au contraire un hommage !
Le danger d'un blog, si on le confond avec un journal intime, c'est de se retrouver en roue libre, avec des oeillères, mais son bon côté, si on le pratique, c'est qu'on peut avoir des
commentaires qui nous aident à nuancer notre propos, à le préciser.
Ton commentaire m'a permis de préciser que pour moi il n'était pas question de faire le procès de nos parents (ou médecin) dans la mesure où nous avons, tôt ou tard, mangé comme nous le
voulions... mais que, etc.
 Donc pas de problème : tes commentaires, sous forme d'acquiescement, de critique ou de nuance sont les bienvenus.
Il n'y a guère que la méchanceté gratuite (ou les doublons) que je puisse modérer... Et tu es loin de relever de ce cas de figure !



Jo-Elle 11/10/2009 21:00


Chez nous c'est le fromage... si "ils" mangent tout en 24 heures, ils attendent les prochaines courses
Je suis en surpoids mais aucun de mes 4 enfants, adultes pour 3 d'entre eux n'ont jamais été en surpoids, comme mon époux d'ailleurs...
Et je leur ai inculqué toutes les bases de l'équilibre alimentaire cuisinant toujours pour eux
"Faites ce que je disn mais ne faites pas ce que je fais"
Mais que fais-je d'ailleurs ??
Donc pour moi c'est un autre problème certainement


Cicciotella 12/10/2009 10:38



J'en suis à peu près où tu en es. Je sais comment on construit un hyperphagique, qui sera peut-être un jour un obèse puisque c'est mon parcours, donc j'essaie, sûrement avec maladresse,
d'inculquer le sens de la fin/faim à mon fils. Si ça dérape, au moins, ça sera imputable à son désir, sa névrose, une carence affective ou je ne sais quoi, mais pas à une carence éducative.



Mea culpa, il y a eu des périodes, la maladie, notamment, où je n'ai pas trop cuisiné, et où nous avons fréquenté les restaurations rapides et les livreurs à domicile. Comme par hasard des
périodes où j'ai beaucoup grossi. C'est bien que toi, tu aies toujours cuisiné.



Zineb 11/10/2009 19:57


Justement .. mais d'un côté vu tous ce dont je suis passée ya plus rien qui m'étonne mais bon ..


Carole M 11/10/2009 09:01


Tout ce qui peut être fait, peut être défait, sourire.
même si c'est à notre insue que la construction s'est faite..;
J'ai commencé par comprendre certaines choses, l'aide d'une TTC, et la désintoxication alimentaire en centre de cure.
Rajouter à ça ma soif de vivre après le décès de mon ami. Ce fameux déclic sans doute...
J'avoue que je n'ai guère d'explications autres que celles là...
La guérison s'est imposée à moi. Un cadeau de la vie après des années de quète.


Cicciotella 12/10/2009 10:34


Autrefois, j'aurais accueilli avec beaucoup de circonspection une phrase comme "la guérison s'est imposée à moi", mais un jour un professeur m'a dit : "Continuez à bien travailler, et un jour, le
latin va se révéler à vous". Je croyais qu'elle se payait ma tête, et c'est pourtant ce qui s'est passé.