Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : En cheminant vers mon poids set-point
  • En cheminant vers mon poids set-point
  • : Blog créé pour garder une trace des évolutions de mon poids (de préférence vers l'allègement), ce blog est devenu une sorte de journal de forme, point de départ de communication avec d'autres blogs s'intéressant aux mêmes choses.
  • Contact

Archives

8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 18:27

http://www.paintedlights.com/artists/Ybossut/banquet.jpgCette réflexion m'est venue à force de lire dans les blogs ici ou là, sous mon propre clavier, bien souvent, à titre de consolation quand je craquais ou pour consoler les autres de leurs propres écarts, qu'il fallait bien garder un peu de plaisir dans la vie.

Soudain, je me demande si ça n'est pas se payer de mots.

 

Je ne suis pas spécialement épicurienne, mais un régime dont chaque bouchée ne serait que dégoût, frustration ou même simple indifférence, me paraît voué à l'échec. La nourriture, spécialement dans notre pays, a des connotations sociales, religieuses, et, malheureusement aussi, affective ("J'ai cuisiné tout l'après-midi pour vous, et vous, vous n'avez pas faim ce soir ?!") qu'on ne peut braver longtemps.

 

Il y a aussi des écarts dus aux circonstances, qui me paraissent difficiles à juguler et compréhensibles : quand on est invité à un repas dont on ne peut pas se dispenser (type mariage de notre frère), il arrivé qu'il soit à la fois impossible de jeuner et impossible de se contenter de brouter les feuilles de salade décorant les plats qui tous - ça peut arriver - nous seraient formellement interdits. Un tel convive serait vite la risée de tous et la honte des siens ! Donc, on se sert sobrement d'un peu et de presque tout, et on assume à la fois l'écart et la restriction qu'on y met.

Pour autant, s'autoriser des écarts non pas parce qu'il serait impossible de faire autrement, mais au nom du sacro-saint plaisir !... je m'interroge.

 

Est-ce qu'on n'a pas de plaisir à manger d'habitude ?

Est-ce qu'on n'a pas souffert des kilos qu'on a déjà commencé, à grand-peine, à évacer pour recommencer encore et toujours le même travail  ?

Est-ce que les choux à la crème, les paellas monstres, les sodas et jus de fruits, les plateaux de fromage où l'on a fait des razzias, les pastasciute gargantuesques, les bons beignets de fleurs de courgette au sucre, les orgies de crêpes et j'en passe, nous ont-ils constitué à ce jour un bagage autre que celui des bourrelets qui nous rendent peut-être virtuellement heureux en souvenir mais concrètement malheureux dans le présent (je parle toujours pour moi) ?

 

L'urgence me paraît actuellement

* arrêter d'assigner à la nourriture des pouvoirs qu'elle n'a manifestement pas à moyen et long terme, nous le savons assez, pauvres de nous !

* trouver un régime ou un mode de vie assez proche de nos goûts pour nous protéger de la frustration et donc de tentations trop violentes d'aller chercher du plaisir ailleurs. Quand je vois des femmes qui détestent la viande et qui n'en suivent pas moins un régime Dukan, je n'ai pas besoin d'être voyante pour prédire un rapide problème de frustration qui les rendra rapidement vulnérables.

http://img.over-blog.com/600x449/1/75/09/81/tartes--quiches--pizzas/pissaladiere--17-.jpg* se rappeler gentiment, devant une pissaladière (il se trouve que j'ai ENVIE de pissaladière, là !), qu'elle n'est pas au programme mais que rien ne s'oppose à ce que je prenne avec mes tomates un ou deux anchois, des olives ou un peu d'oignons cuits et que je vais me régaler aussi bien avec ça. Bref, se rappeler du plaisir que nous donnent les aliments autorisés que nous aimons.

* se rappeler du plaisir qu'on a chaque fois qu'on se déleste d'un kilo, chaque fois qu'on découvre qu'on a changé de taille de vêtement, chaque fois qu'on voit arriver une nana plus mince que nous dans une vitrine et qu'on découvre que... c'est nous !

 

Ce qui fait que je tiens assez bien en ce moment, c'est justement que le plaisir est dans mon frigo, à portée de ma main, à chaque repas, chaque jour et que, face à d'autres plaisirs, je peux alors rester assez stoïque et ne pas invoquer le besoin de plaisir pour faire des entorses à un régime qui me convient.

Je voudrais que nous nous débarrassions de ce dogme qu'il n'y aurait de plaisir que dans la transgression, sachant que la stabilisation est au bout de tout régime, et qu'elle permettra d'apprécier de temps en temps les aliments que nous aimons aussi et que nous avons dû bannir provisoirement.

De ma part, ce prêchi-prêcha est très comique et ne manque pas de sel, mais je me sens forte du fait que ça se passe vraiment très bien depuis que je suis capable de voir les choses comme ça et que j'aimerais vous passer cette force.

 

Sur ce, je pars préparer mes flans au cacao amer, parfaitement autorisés et grandement appréciés...

Partager cet article

Repost 0
Published by Cicciotella - dans journal intime
commenter cet article

commentaires

Laurent 16/06/2011 09:06



Pas de problème ! J'ai relu mon bulletin et effectivement, j'ai fait passé un mauvais message (en général, je les rédige à la volée et je prends à peine le temps de les relire car j'ai envie
qu'ils soient spontanés et qu'il refletent l'humeur du moment où je les écris).


En tout cas, encore merci pour ton bulletin ! Et pour les reflexions que tu nous livres...



Cicciotella 16/06/2011 09:56



Je vois que nous écrivons un peu de ma même façon...



Laurent 13/06/2011 14:58



Je suis entièrement d'accord avec toi pour dire que le plaisir n'est pas obligatoirement dans la transgression de l’interdiction.


Effectivement, il est important de garder à l’esprit que ça n’est pas parce qu’on est à la diet qu’il faut manger que des aliments cuits à la vapeur et sans goût ! L’utilisation d’épices ou
un peu d’imagination nous permettent de nous régaler à moindre coût calorique !!!


 


Stop ! Il y a tellement d’autres moyens de se faire plaisir. Remettre en avant ces petits plaisirs qu’on oublie trop souvent (tu en as cité quelques uns, et il en reste encore
beaucoup !).


 


Je suis désolé si dans mon bulletin j’avais donné l’impression que le(s) plaisir(s) était uniquement dans la bouffe. Ca n’est pas le cas ;-)



Cicciotella 15/06/2011 14:26



Les malentendus sur internet sont légion, et puis je me suis peut-être aussi un peu précipitée, parce que cela fait plusieurs années que je lis des blogs de régime (pas spécialement le tien,
donc), et que je commence à me poser des questions sur la consolation-bateau qu'on prodigue à ceux qui nous avouent avoir craqué.


Ça ne tient debout que lorsqu'on s'adresse à quelqu'un qui nous a déjà dit se nourrir de deux biscottes, un yaourt, deux pommes et une olive chaque jour ; pour les autres, qui mettent en photos
leurs incroyables plats, tous plus appétissants les uns que les autres, sortir l'excuse du plaisir qu'il faut bien avoir de temps en temps, ne tient pas debout ... Faut chercher les raisons ailleurs...


Donc cet article a l'air de répondre à ton billet, qui disait effectivement autre chose, mais en fait, il est surtout la résultante d'années de lectures de l'excuse du plaisir-nécessaire.



stéphanie 11/06/2011 23:00



Si le message est bien de choisir un régime adapté à ses goûts pour allier nourriture "saine" et plaisir, alors c'est un message de bon sens. Si on le faisait passer au corps médical, et autres
nutritionnistes de tout poil qui conconctent des régimes en dépit du bon sens ? Peut-être que moins de personnes se retrouveraient avec des compulsions, de l'obésité au lieu de kilos en trop et
une sensation de plaisir alimentaire déréglée.



Cicciotella 12/06/2011 08:20



C'est souvent ce qu'ils disent. Mais j'ai comme l'impression que le corps médical, face à des gens qui souffrent de leur "intempérance" (outremangeurs, fumeurs...) ont tendance à parler comme des
moralistes, genre "Vous vous êtes vautrés dans le plaisir, souffrez maintenant".


Dans un autre domaine, ça expliquerait certaines choses que j'ai lues sur les accueils hallucinants (pour ne pas dire scandaleux) des candidates à l'IVG dans certains hôpitaux...



bidoubulle 09/06/2011 22:15



J' adore !! je te rejoins ds tes moindres écrits !! merci pour ta force, elle est bien arrivée jusqu'ici !!


bisoubidou



Cicciotella 11/06/2011 10:45



La tienne est également très communicative.



Coucou 08/06/2011 21:20



Ciciotella j’ai adoré ton article, bien dit et très ben formulé, cependant j’ai une petite
réserve : oui c’est vrai on attribue (peu être trop) à la nourriture le pouvoir de « nous rendre heureux », ce n’est pas réaliste mais il y a tout de même un peu de bonheur dans un
bon gâteau au chocolat moelleux surmonté d’un peu de Nutella (une de mes gourmandises parmi tant d’autres) mais voila, depuis que j’ai découvert qu’il est mieux pour moi de ne pas donner libre
court à tout ce qui pourrait me précipiter dans le tunnel de mes addictions et compulsions je me freine. Cependant, nous ne sommes pas tous et toutes pareilles, je pense que ceux qui n’ont pas ce
problème peuvent et ont le droit de s’accorder quelques « plaisirs alimentaires » pour le simple plaisir de se faire plaisir (au nom du sacro saint plaisir), ils n’auraient pas tord car
manger EST et DOIT ETRE un plaisir. Tu le dis justement donnant l’exemple de ceux qui suivent le régime Dukan malgré leur aversion pour la viande, c’est clair que tôt ou tard ils
abandonneront…


Je pense que tout est dans l’équilibre, la compulsion n’est pas équilibre et qui comme moi
connaît bien ses faiblesses a intérêt à rechercher d’autres sources de plaisirs (l’affirmation de soi par exemple) et surtout d’éviter les sources de frustrations (le renoncement de soi sous
toutes ses formes autre exemple)…. Personnellement c’est en cela que j’ai fait des pas en avant : éviter et comprendre en amont tout ce qui pourrait me déclencher mes complussions, tu le
sais bien c’est beaucoup plus compliqué et complexe que le simple geste de s’interdire une bonne crêpe, tant qu’on ne comprend pas POURQUOI on désire manger et se goinfrer avec un plat de crêpes
aussi bonnes soient elles on n’a pas vraiment résolu le problème… On se l’interdira un jour, oui, mais le lendemain on craquera… L’erreur est en fait de
donner à  la nourriture un pouvoir qu’elle n’a pas et qu’elle n’aura jamais : celui d’effacer nos peines  (utopie). Mille bisous car tu as lancé un débat qui fera réfléchir la plupart d’entre nous !



Cicciotella 09/06/2011 00:03



Merci pour ta lecture. Mais, je le répète, il ne s'agit pas de nier qu'il y ait du plaisir à manger des aliments interdits, je voudrais juste qu'on ait conscience qu'avec un régime réellement
adapté à nos goûts et à nos besoins, il n'y a pas de raisons de "craquer" sur ces aliments. On ne craque que si l'on est frustré.