Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : En cheminant vers mon poids set-point
  • En cheminant vers mon poids set-point
  • : Blog créé pour garder une trace des évolutions de mon poids (de préférence vers l'allègement), ce blog est devenu une sorte de journal de forme, point de départ de communication avec d'autres blogs s'intéressant aux mêmes choses.
  • Contact

Archives

2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 00:00
virginie-despentes-king-kong-theorie.jpgSamedi matin, j'étais à un Forum des métiers. Mon fils et moi nous sommes séparés à un moment donné, et je suis allée dans des ateliers qui m'intéressaient à titre personnel et non plus maternel.
Par exemple, en "psychologie". Et là, tout ce qui a été dit m'a beaucoup intéressée, mais à un moment, la psychologue a décliné sa propre spécialité : psychologue clinicienne, spécialisée dans les soins post-traumatiques. Et ce seul énoncé m'a mis les larmes aux yeux.

Zut, quoi ! Qu'est-ce qu'il y a encore ?????

Ça m'énerve.
Du coup, j'ai essayé de lister les trauma que j'ai pu avoir, mais bien entendu, c'est surtout le Big One qui semble incontournable. Bizarre, je croyais être en résilience, mais sûrement pas. Le psy que j'avais vu il y a quelques années un an ou deux a surtout travaillé sur mon arbre généalogique et mon hyperphagie (toujours pas résolue, d'ailleurs). Il ne m'a pas vue grossir comme une folle après mes deux-mini trauma (ceux qui ont suivi) et n'a donc jamais pu me traiter.

Elle a parlé d'EMDR et je suis allée à la fin lui demander si elle ne pourrait pas s'occuper de moi ou me recommander un collègue, ce qu'elle a fait. Il va falloir que je me prenne par la main.

Il est certain que le pire dans certaines violences, c'est qu'elles n'ont jamais donné lieu ni à excuses ni à réparation. Pire, elles sont niées par leur auteur, au point qu'à un moment donné, je n'osais pas dormir, de peur que les souvenirs s'effacent dans ma tête et que je finisse par me demander si je ne les avais pas rêvés, si ce n'était pas moi qui avais inventé mes blessures, mon traumatisme ! Encore moins essayer de les rendre au passé, de les effacer. Je me racontais par le menu chacun des gestes de mon agresseur, sa main droite, sa main gauche, ses pieds, ses menaces, chaque jour, de peur de les oublier, de me tromper et qu'on m'accuse de les avoir inventés. Et ça a duré des années. Je ne suis pas sûre de m'en être remise. Si je vois comment j'ai vécu après, je ne suis pas sûre que je le fais comme quelqu'un qui se croit en sécurité. Quel que soit le sens qu'on donne à ce mot.
Quant à la justice, et je l'écris avec un petit j, comme il doit démanger à certains d'écrire église avec un petit é, comme le bâtiment, quand ils se sont frottés aux limites humaines d'icelle, quand elle ne se trompe pas complètement, que répare-t-elle ?
Dans mon cas précis, elle n'a jamais veillé à faire exécuter quelque sentence que ce soit.
Je suis la seule à avoir payé, dans tous les sens du terme, les conséquences de toutes les agressions subies.

(...)

Partager cet article

Repost 0
Published by Cicciotella - dans journal intime
commenter cet article

commentaires

stéphanie 05/03/2010 19:35


Je la connais bien cette colère contre soi parce qu'on arrive pas à surmonter le traumatisme.
Tu m'as dit un jour d'arrêter d'être aussi dure contre moi-même et de me donner un peu de la douceur que je n'ai pas reçue.
Je te le retourne aujourd'hui.
Que tu gardes cette envie de te sortir de ce traumatisme et de ne pas ainsi perpétuer les dégâts de celui qui l'a causé c'est parfait.
Mais fais -le en gardant toujours en tête que tu n'y es pour rien, que tu as subi et que tu as malgré tout la force et le courage de regarder tout ça en face et d'essayer d'y remédier.
C'est d'autant plus dur quand il n'y a pas eu d'excuses et qu'il y a négation, je le sais aussi. Tout comme je sais qu'il faut compter sur soi-même uniquement (et quelques soutiens extérieurs) et
que finalement, tout se passe entre soi et soi.
Tu as les moyens de le faire, bon courage, j'ai confiance. Et j'espère que tu vas trouver le thérapeute qui va t'aider et te guider sur ce long chemin.

Dolorosa (je signe comme ça parce que je crois qu'une autre commentatrice porte mon prénom, la plagiaire! :-) )


Cicciotella 06/03/2010 10:44


Merci beaucoup de ton commentaire, Dolorosa. Merci de ton soutien et de ton attention à ce que je vis. Je sais que tu fais un travail colossal sur toi-même et je prends ton conseil avec beaucoup
d'attention.
Le plus difficile pour moi, c'est effectivement de me fourrer dans la tête que les "vivres" ne me seront pas parachutés du ciel et qu'il va falloir que je parte déterrer les racines pour manger.
Qu'au mieux, on m'indiquera où elles se trouvent. Je me suis toujours gaussée du mythe du Prince Charmant (celui qui, monté sur un cheval, sort la fille de la mélasse où elle est et l'emporte dans
un palais peuplé de larbins) ou des gens qui attendent toujours tout des autres, mais quand on montre du doigt, il y en a trois, dessous, qui vous montrent, vous... Je suis fainéante de la
débrouillardise, j'attends le plan B (parachutage) et résultat, je ne me soigne pas vraiment.
Je vais changer ça, il se fait tard.


Carole M 04/03/2010 17:23


N'oublie pas une chose fondamentale, c'est toi la victime..
Ce n'est pas contre toi que doit se diriger la colère mais contre l'agresseur...
Quoique tu es su, pu, ou pas pu faire, ou eu peur de faire...
Tu avances malgré ces blessures et c'est aussi "grâce" à ça que demain tu seras plus forte...
C'est bien sur à lire avec des pincettes cette avant dernière phrase... pas de méprise sur ce coup là, sourire.
De tout coeur avec toi la belle naiade


Cicciotella 06/03/2010 10:39


A propos de naïade et pour répondre à beaucoup de retard à ta question, je retourne nager cet après-midi seulement. J'ai du retard dans mes épilations, c'est une horreur !
J'ai un peu d'appréhension, parce que mon oreille droite ne me fait pas l'effet d'être coopérative, mais la reprise (de la natation et/ou de mes otites) me donnera une réponse sur ce qu'il en est
de ce fichu tympan !


Carole M 02/03/2010 21:40


Je ne sais pas quel genre de traumatisme et de violence tu as subit mais il me semble clair que la douleur est tjrs présente et continue à noircir ta vie de femme.
Cette nourriture qui viendrait panser ces maux... Tjjrs pas de lien avec ce 14 kilos ou ce poids fatidique que tu ne veux pas lacher ? Cherche dans ce sens...
L'émotion est vive et tes mots nous la transmette bien...


Cicciotella 04/03/2010 16:59


J'ai enfin passé le cap fatidique de 14 kilos, et c'est une grande première dans ma vie dont je suis très fière !
Oui, je suis assez émue et en même temps, très en colère contre moi d'avoir consenti à ce que ces violences continuent à avoir un tel écho en moi des années après ! Nous ne sommes pas
responsables de ce qu'on nous a fait... Mais je le deveniens si je n'essaie pas de ne plus être, à vie, une abîmée de cette violence. Sinon, je prolonge le "travail" du malfaiteur.


capucine 02/03/2010 19:46


J'ai découvert l'EMDR dans le livre de David Servan Schreiber: Guérir. Tu l'as sûrement lu aussi ... bisous et courage!


Cicciotella 04/03/2010 16:59


Je l'ai lu, en effet, mais l'EMDR n'a pas retenu mon attention. J'avais été beaucoup plus intéressée par ce qui était dit au sujet des lampes pour un réveil progressif !
Merci.


Giuliabella 02/03/2010 09:08


"Il est certain que le pire dans certaines violences, c'est qu'elles n'ont jamais donné lieu ni à excuses ni à réparation. Pire, elles sont niées par leur auteur, au
point qu'à un moment donné, je n'osais pas dormir, de peur que les souvenirs s'effacent dans ma tête et que je finisse par me demander si je ne les avais pas rêvés, si ce n'était pas moi qui avais
inventé mes blessures, mon traumatisme ! Encore moins essayer de les rendre au passé, de les effacer."

que ça résonne en moi... j'ai pu digérer certaines choses, mais d'autres seront en poids toute ma vie, je le sais, parce que l'auteur nie, nie et renie, jusqu'à me faire douter certains jours...
mais c'est une des causes de ma silhouette d'aujourd'hui, alors je ne peux pas oublier. Juste apprendre à vivre avec l'idée que jamais je n'obtiendrai réparation... voir un psy, à un moment donné,
c'est plus que salutaire, j'en suis convaincue.


Cicciotella 04/03/2010 17:02


J'ai censuré une citation de Virginie Despentes dans l'article, parce qu'elle ne correspondait quand même pas à ma propre expérience et que je ne voulais pas d'amalgame ou d'extrapolation.

Mais ce qu'elle dit est quand même intéressant, et je le reformule ici :
On ne condamne pas/plus à mort les femmes qui ont subi des violences (ex : sexuelles). Mais on attend d'elles qu'elles se signalent comme de la marchandise abîmée, qu'elles sortent du troupeau des
épousables. Une des réponses corporelles à la violence, physique, sexuelle, c'est souvent l'obésité...